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Dura Lex
09/05/2007, 22h06
Les créatures de Mythall : âmes torturées et déchéances des démons







L'obscurité règne en maîtresse dans cette zone informe, proche du vide et pourtant proche de la création d'Eltaïr et de sa sphère. Rien, si ce ne sont des vagues de magie brute, des chants astraux qui viennent balayer ce vide et caresser la sphère d'Eltaïr. Rien ou si peu...

Une entité s'accroche aux vagues de magies brutes. L'entité sent le monde proche par un sens au-delà des sens. Elle est aveugle, atone, ne ressent rien si ce ne sont les chants astraux qui viennent baigner la sphère.

Il ne lui manque quasiment rien pour atteindre cette sphère si pleine de vie. Mais une parole prononcée il y a des éons par Eltaïr maintient l'entité et ses sœurs hors de la sphère.

Le bannissement pour avoir été le jouet plus déformé que façonné par Mythall remplit l'entité de sombres sentiments, dernières réminiscence de son statut de créature vivante. Le bannissement car leur créateur, leur démiurge pour se sauver les a laissées en pâture à l'ire du créateur.

Les sentiments s'agitant au sein de l'entité sont vivaces : un maelström de fureur, de dégoût, de déception, de colère et d'envie. Elle a reçu des dons mais elle se sent intrinsèquement incomplète, elle virevolte au travers du néant sur les vagues de magies primaires, étincelle parmi les constellations.

L'entité se souvient du nom qu'elle et ses sœurs, jouets entre les mains du créateur Mythall, leur donna, Erhynne. Elle se souvient comme d'un festin des vengeances exercées sur les créatures faibles, des appétits exacerbés par les dénaturations de Mythall qu'elle et ses sœurs s'empressèrent de satisfaire, se repaissant de leur corruption jusqu'à la lie, croyant leur corruption perfection.

L'entité s'enlise dans la contemplation de ses souvenirs, frémissante, parcourue de pulsations de plaisirs au souvenir de ses actions de déchéances, plaisir coupé rapidement par l'amertume du bannissement. Encore une fois la frustration, le regard plein d'envie vers la sphère et un cri de colère qui ne peut s'exprimer.


Quelque chose attire les sens de cette chose, comme un phare, une ouverture, un portail. Se laissant glisser, elle se précipite au travers de cette fente, pénètre dans la sphère. Là, elle peut s'ébattre, là elle peut reprendre la forme façonnée par son créateur.

La scène est différente, l'obscurité toujours, une grotte perdue au fond des montagnes. Au sein d'un pentacle se dresse un individu décharné, ricanant tout en psalmodiant un rituel, une dague par-devant lui, la dépouille d'une infante innocente devant lui. Si perdu dans ses recherches qu'il s'en est perdu lui-même, n'ayant plus conscience de son but premier, l'appât du pouvoir le guidant. Une étincelle devant l'incantateur, un surgissement de magie et une forme qui apparaît.

La présence de l'entité est déstabilisée. Du sens de la magie, de son environnement, elle revient vers des sens de la sphère, elle sent son corps, elle sent de nouveau une peau, elle reprend conscience sur les terres d'Eltaïr. Elle, si longtemps restée dans le néant.

Devant ses yeux, repliés comme un cocon, l'entité a mis ses ailes de plumes rouges. L'entité, inspire, elle recommence à se soumettre de nouveau au cycle de la sphère.

De vieilles habitudes resurgissent, les lèvres s'étirent en un sourire, l'entité devenue créature se redresse, ramenant ses ailes par derrière elle, elle se dresse droite, elle veut se sentir fière, elle regarde sa peau changée, devenue autre, elle qui fut chantée par son peuple, son peuple qui était-il ?

Une réminiscence de torrents de flux, la douleur ressentie, ce que l'on pousse.

L'entité secoue la tête chassant l'éclair de connaissance pour se concentrer, par-devant elle, l'individu continue de psalmodier, de s'agiter. Milles souvenirs reviennent, l'entité se remémore quelques bribes au fur et à mesure que les sensations reviennent... son corps, elle le ressent, le déplacement de l'air, les ailes caressées par le vent, les cheveux qui repasse devant ses yeux, le sang qui coule dans ses veines, bat, bat…

« Erhynne » murmure t-elle. Elle regarde ses mains, elle est dans la sphère mais il lui manque quelque chose, mais quoi ?

Elle regarde l'individu puis sourit, il a une flamme en lui, une flamme pour remplacer celle qu'il lui manque... Un sourire, une pause, une invitation suivie d'un « viens ! ! » prononcée par l'Erhynne.

L'invocateur s'avance trop confiant vers son trépas. Le prédateur devint proie et festin, festin au goût amer car la flamme contente l'Erhynne mais la remplie de colère. Non, cela ne remplie pas le vide.

« Père pourquoi ? »